Sur son lit douillet fait de
plumes, de touffes de poils, de mousse et d’une couette, Miel, petit ourson brun de couleur doré,
était en train de lire son livre préféré (Contes à lire sous la couette) quand
sa maman, Albertine, vint lui apporter une lettre de son cousin Flocon, un
ourson polaire qui habitait plus au Nord.
Ravi, Miel posa son livre sur sa
couette et ouvrit la lettre sans tarder. Quelle ne fut pas sa surprise quand il
lut que Flocon affirmait que le père Noël n’existait pas et que c’était les
papas et les mamans qui mettaient des cadeaux au pied du sapin ! C’était
le grand frère de Flocon, Givré, qui le lui avait dit !
Tout triste, Miel referma sa lettre
en se disant que c’était la plus mauvaise nouvelle de l’année. En plus, on
n’était que le 3 décembre et il fallait patienter encore trois semaines pour
savoir si c’était bien le père Noël qui mettait les cadeaux au pied du sapin.
Mais trois semaines, c’était long, même si l'on passait le plus clair de son
temps à dormir, comme tout ourson qui se respecte et qui hiverne pendant la
froide saison.
Miel posa la lettre sur la
couette et se mit à tourner autour du lit de sa chambre aux murs recouverts de
son héros favori : Oscar des glaces, le pingouin du Grand Nord, défenseur
des petits phoques contre les z’humains.
Soudain Miel s’arrêta net !
Il venait de prendre une décision : il fallait partir à la rencontre du
père Noël ! Oui, il fallait organiser une expédition secrète vers le pôle
Nord pour le serrer très fort entre ses pattes et lui dire de ne pas apporter
de cadeaux à ce menteur de Flocon ! Oui, c’était décidé, Miel partira demain
matin à l’aube. Cela sera d’autant plus facile que ses parents et sa sœur,
Gelée, entameront leur sixième sieste de l’automne, une sieste qui durera
quinze jours, soit un temps suffisant pour faire l’aller-retour entre le pôle
Nord et sa couette sans que personne s’en aperçoive !
Miel programma donc son
radio-réveil sur 4 heures du matin et veilla à ce que le son ne soit pas très
fort pour ne pas alerter toute sa famille. Puis il passa la soirée à rire et à
chanter pour ne pas attirer les soupçons. Aussi, il ne mangea qu’une pomme au
miel, car il avait beaucoup engraissé durant l’été et n’avait pas besoin de
grand-chose pour son expédition secrète…
Au petit matin, bien avant
l’aube, son radio-réveil joua doucement les 4 saisons de Titi Valdi, si
doucement qu’il se rendormit et ne se réveilla qu’avec le premier rayon de
soleil qui passait par la lucarne ronde de sa chambre.
Paniqué, Miel faillit bien
partir avec trop de hâte et réveiller toute sa famille. Heureusement, personne
n’avait rien entendu et tous ronflaient sur leurs deux oreilles et sous leur couette
bien moelleuse et bien chaude.
Dehors, une belle neige blanche
accueillit ses premiers pas. Miel était tout heureux, car d’habitude la neige
ne tombait qu’au mois de janvier. C’était sans aucun doute un bon présage, cela
signifiait que le père Noël attendait sa visite et qu’il avait fait exprès de
faire tomber la neige cette nuit pour tracer un chemin vers le pôle Nord.
Miel habitait très au nord du
Canada, ce qui signifiait que la distance à parcourir jusqu’au pôle Nord n’était
pas si grande que ça. Bien sûr, si Miel était un oiseau il volerait et irait
beaucoup plus vite, mais les oiseaux n’avaient que deux pattes et Miel en avaient
quatre, ce qui, d’une certaine manière, l’encourageait à courir sans s’arrêter
et à dépasser certains oiseaux qui sifflaient dans les branches des sapins sans
s’occuper de lui et sans essayer de faire la course !
Ses grosses pattes de nounours
dorés faisaient voleter la neige qui scintillait autour de lui comme des
milliers de petits arc-en-ciel. Le soleil, très haut dans le ciel azur, dardait
ses rayons sur les massifs d'arbres et le blanc manteau de la terre que la nuit
avait silencieusement déposé pendant que Miel dormait.
La truffe en l’air, Miel se fiait
à l’instinct des ours, celui de sentir où se trouvait le pôle Nord et le père
Noël devait forcément se trouver quelque part dans cet endroit, bien qu’il ne
sache pas si cet endroit était grand ou très petit. D’ailleurs, s’il ne le
trouvait pas, il suffirait de le demander aux rennes et autres caribous qui
vivaient dans cette blanche région. Tout était donc super facile dans l’esprit
de Miel et il avait déjà hâte d’écrire à son cousin Flocon que le père Noël
existait vraiment puisqu’il était allé lui lécher la barbe !
Le chemin était beau,
magnifique, sculpté entre des sapins aux branches recouvertes de neige, et des
rochers recouverts d’une glace qui scintillait sous le soleil. Au loin, à l’horizon,
le ciel bleu et l’étendue blanche semblaient s’embrasser.
La seule petite chose qui
chagrinait Miel était sa solitude. Le sol enneigé était vierge d’empreintes, de
pieds ou de sabots, tout était blanc, parfaitement blanc. Était-il alors le
seul à s’inquiéter de savoir si le père Noël existait vraiment ?
Soudain un cri perçant le tira
de ses réflexions. Un point noir tombait du ciel et grossissait si rapidement
que Miel identifia les ailes d’un aigle. Sa maman lui avait toujours enseigné
que les aigles n’étaient pas des oiseaux très sympas et qu’ils aimaient manger ce
qui courait sur le sol !
Fin de la première partie de ce conte destiné aux enfants et tiré du livre "Contes à lire sous la couette".
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